Je vous recommande de lire le livre Shunned en anglais de Linda Curtis. Elle y raconte, en tant que Témoin de Jéhovah :

  • Sa progressive prise de conscience
  • Son émancipation personnelle et professionnelle
  • Les règles de l’organisation Watchtower
  • L’immiscion de l’organisation et des anciens dans sa vie personnelle
  • Son divorce, les conséquences et la situation improbable qui en résulte, notamment :
    • La responsabilité de son mari en tant que chef de famille pour ne pas avoir accompli son rôle (vision très patriarcale) et son humiliation par la perte de ses privilèges d’homme au sein de la congrégation
    • Le fait que le son mari ne peut fréquenter une autre femme et que celui-ci cherche à savoir si elle a commis l’adultère pour être enfin « libéré » au sens religieux
    • Le fait qu’elle ne peut pas avouer l’adultère, car elle serait ostracisée par sa famille
    • Puis de l’avouer quand même afin de libérer celui-ci et d’en subir les conséquences
  • Le comité disciplinaire religieux qu’elle subit afin de confesser et de libérer son mari
  • Sa violente expérience de l’ostracisme avec sa famille et ses amis y compris face à la mort
    • L’exemption partielle de l’ostracisme uniquement les jours d’enterrement
    • N’avoir donc des contacts avec sa famille que lorsqu’une personne proche meurt
    • Des « amis » qui ne lui adressent pas la parole même lors des enterrements

Pour ceux et celles qui veulent un résumé, voici quelques passages traduits qui m’ont beaucoup interpellés :

Concernant sa prise de conscience, après s’être retrouvée en face de Nick, un des cadres qu’elle admirait le plus à son travail, lorsqu’elle faisait du porte à porte

J’étais là, à parler, comme d’habitude, à dire toutes les bonnes choses, mais c’était quelqu’un d’autre qui parlait. Ce n’était pas vraiment… moi. »

Je me suis soudain entendu dire pour la première fois : « Toi, Nick Marshall, tu seras personnellement détruit si tu ne fais pas ceci et cela ». Ouch ! Qui suis-je pour dire ça ? Cela m’a frappé comme un éclair. J’ai toujours cru, jusqu’à présent en tout cas, que notre message avait le potentiel de sauver la vie de quelqu’un, et que prêcher était un acte de compassion envers mes voisins. Mais en quoi est-ce utile ou aimant de créer encore plus de divisions et de séparations que celles qui existent déjà dans le monde ? »

Concernant la réaction de son mari face à sa confession

Son mari: Quand vas-tu parler aux anciens ?

Elle: Mon estomac s’est crispé à cette suggestion, et mes mains se sont resserrées autour de ma bouteille de bière froide.

Concernant son mari qui a expliqué aux anciens cette situation

Son mari: « Je n’ai pas dit grand-chose sur la rencontre, parce que je n’étais pas là. Mais j’ai partagé avec lui (l’ancien) ce que tu as ressenti. » […] Que cela avait suscité des doutes (sa rencontre avec Nick) et que parfois on remet en question les enseignements. »

Elle: Je me suis levé. « As-tu vraiment utilisé le mot ‘doute’ ? »

Concernant l’ancien qui voulait savoir ce que son mari a fait en tant que chef de famille

« Il voulait savoir ce que j’avais fait, en tant que chef spirituel de cette famille, pour t’aider à surmonter tes doutes.

Concernant l’ancien qui retire les privilèges à son ex-mari

vous n’avez pas réussi à « présider votre foyer d’une manière correcte ». Nous allons réexaminer vos privilèges ministériels dans la congrégation et nous reviendrons vers vous. »

Concernant son ex-mari qui cherche à savoir si elle a commis l’adultère pour être libéré et pouvoir fréquenter une autre femme

Si je lui disais ce qu’il voulait désespérément entendre, il sauterait du téléphone et diffuserait la nouvelle à tous ses amis. Mais je ne pouvais pas faire ça à ma famille. C’était le genre de confession que je voulais faire en personne. Il ne pouvait plus y avoir de tergiversations. Mes prochaines étapes étaient claires, poignantes et absolues. « Non, Ross, » j’ai fait une pause. « Non, tu n’es pas libre. »

Concernant le comité religieux disciplinaire avec la sentence de l’excommunication et le début de l’ostracisme

Elle:

J’ai ressenti l’absurdité de la situation, confesser quelque chose qui s’est passé il y a un an, comme si cela se passait dans le présent. (son adultère)

[…] J’étouffais ici dans un mariage malheureux, des routines ennuyeuses, une vie spirituelle insatisfaisante. »

[…] Je refuse de croire que l’exercice du libre arbitre est une négation de toute ma vie.

L’Ancien: Vous avez ouvertement confessé vos péchés et, malheureusement, nous ne voyons aucun signe de remords ou de repentance. Par conséquent, il est de notre responsabilité de garder le reste de la congrégation spirituellement propre. » Linda, pour cultiver une crainte saine du péché au sein de la congrégation, nous annoncerons publiquement votre exclusion dans une semaine, depuis la scène, au début de la réunion de service.

Concernant la réaction de sa famille face à son excommunication

Sa mère :

Tu peux vivre avec nous ; nous te soutiendrons à condition que tu recommences à assister aux réunions.

Elle:

Tout soutien de leur part était conditionnel : une religion partagée.

Concernant sa discussion avec sa mère suite au décès de son nouveau mari

Cette partie est vraiment la plus forte et dure de son histoire. Linda perd son nouveau mari (Bob) après des années de vie commune. Pour cette occasion, ses parents, avec qui elle n’a eu aucun contact depuis des années, ont acceptés de venir à l’enterrement. Elle leur dit avant leur départ :

Bob ne vous a jamais jugé », ai-je répété. « Il n’aurait jamais rejeté sa propre fille (ostraciser sa fille), mais il ne faisait pas d’évaluation unilatérale des gens. Il ne vous percevait pas comme étant dans l’erreur et ne retenait pas vos croyances contre vous, et cela a fait toute la différence pour moi. »

Ensuite elle se fait la réflexion suivante:

L’idée que je ne les reverrais peut-être jamais (ses parents) m’a traversé l’esprit, mais elle ne m’a pas fait couler de larmes. J’avais d’autres chats à fouetter. Maman m’a exhortée à les appeler si j’avais besoin de quelque chose. J’ai serré papa dans mes bras. Je savais que je ne les appellerais pas à l’aide et qu’ils ne m’appelleraient pas jusqu’à ce que la vie nous apporte une autre maladie grave ou une exemption de mort.

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